If we had electronic Euros … (French / en Français)

La vie en 2025 : la généralisation des ‘eEuros’ porte un coup fatal aux activités des mafias en Europe

(publié sur http://france2025.fr)

 

Tout a commencé par la mise en place, dans les années 2009-2010, de la carte d’identité électronique en France. Au même moment, les opérateurs télécom lançaient – enfin – des offres d’internet mobile bas débit à des prix permettant l’explosion des offres de communication dites ‘machine to machine’, des GPS de voiture qui se mettent à jour tout seul aux distributeurs de boissons que l’on peut payer par SMS.

Rapidement, les acteurs du monde de la banque et des cartes à puce, parmi les industries françaises les plus performantes, réalisèrent qu’il devenait possible de généraliser la monnaie électronique et travaillèrent à l’élaboration d’un standard européen. Vers 2015, l’ensemble des terminaux de paiement par carte, désormais tous ‘sans fil’ car utilisant le réseau mobile, avait été mis à jour pour savoir lire les cartes d’identité électroniques ECC (European Citizen Cards). A partir des signatures électroniques des ECC, ces terminaux étaient également capables d’autoriser des virements de compte à compte, permettant ainsi des paiements de tous montants.

Le gouvernement français autorisa officiellement en 2017 l’utilisation des ECC pour les paiements, poussée par les opérateurs et de nombreuses associations de consommateurs et avec l’intérêt bienveillant de la Commission européenne, malgré une opposition farouche du monde des cartes bancaires, qui voyait d’un très mauvais œil cette nouvelle concurrence.

Rapidement, les utilisateurs s’approprièrent l’ECC : celle-ci permettait en effet non seulement de payer, mais aussi de prendre le bus ou le métro (l’ECC était devenue ‘sans contact’ dès 2015), de payer ses impôts, de voter, et enfin de se connecter à la quasi-totalité des sites internet, tous les ordinateurs portables intégrant désormais un dispositif de communication sans fil avec l’ECC. Les paiements effectués en monnaie fiduciaire traditionnelle, Euro papier et monnaie, se mirent à décroitre significativement.

Enfin arriva le grand jour… la Commission européenne soumit en 2019 à la réflexion des Etats un projet de directive stipulant que la seule monnaie fiduciaire autorisée dans l’Union serait désormais l’eEuro, mettant en place un plan de retrait des Euros papier et pièces en 6 ans. Elle précisa également que toutes les opérations d’échange entre devises et eEuros serait soumis à un dispositif TracFin étendu, imposé à toutes les institutions financières disposant d’un compte en eEuro… obligeant ainsi les paradis fiscaux à devoir choisir entre renoncer aux Euros, ou participant au dispositif.

Comme l’introduction de l’Euro en 2002, le débat fut très vif partout en Europe, mais globalement tout le monde fut assez content d’alléger son portefeuille, de ne plus craindre de perdre une liasse de billet (le vol de l’ECC ne permet pas de voler les eEuros), de se faire agresser au distributeur de billets, etc…

Les mafias actives en Europe, elles, firent face à un très gros problème. Leurs deux activités favorites de recyclage de capitaux sales pour contourner TracFin, l’achat immobilier aux particuliers et le petit commerce, ne fonctionnaient plus… il fallait bien convertir les liasses de dollars en eEuros, et donc en justifier la provenance. Enfin la collecte et la concentration des recettes de trafic de  drogue et de prostitution devenait visible, car à la fin, vu les montants, il aurait fallu obtenir le contrôle de millions de comptes en eEuros pour réussir à exfiltrer discrètement et convertir en dollars ces sommes. Tout cela devenait plus compliqué… et les choses n’allèrent pas en s’arrangeant puisque dès 2020, les Etats-Unis, le Canada et la Chine déclarèrent simultanément qu’ils allaient eux aussi adopter des monnaies fiduciaires électroniques. Gros mal de tête chez les trésoriers du crime organisé.

Dans la période de transition vers la disparition des Euros billets et pièces, on constata effectivement de nombreux succès des polices anti-mafia, désormais capables de traquer, de compte en eEuro à l’autre, les tentatives désespérées de volatiliser les quelques centaines de milliards d’euros « sales » en circulation. On regretta en revanche la baisse soudaine et drastique des flux de capitaux en provenance de certains pays émergents et paradis fiscaux vers l’Europe, mais tout le monde s’accorda à dire que c’était sans doute le prix à payer pour ‘nettoyer’ l’économie Européenne de ces trafics, et au final les fisc nationaux s’y retrouvèrent, l’évasion fiscale baissant également dans de fortes proportions.

La France, elle, en jouant un rôle de leader dans la mise en place de l’ECC et de son utilisation comme moyen de paiement, y avait transformé son leadership de 2008 dans les cartes à puce en une industrie puissante dans tous les domaines de l’eEconomie.

Les opérateurs télécom, initialement réticents, avaient également réalisé au cours des années qu’alors que la mafia ne pouvait que constater la disparition de ses trafics, le trafic de données sans fil, lui, était en pleine explosion grâce aux transactions électroniques sans fil : les communications vocales et les messages courts, désormais gratuits, ne leur auraient pas permis de connaitre une telle croissance, tandis que la télévision, le grand espoir des années 2010, était désormais intégrée, en peer to peer,, dans tous les écrans, mettant un point final à leur tentative de marier contenu et réseau.

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