Inflation ou déflation ?

Le principal argument en faveur d’une déflation prolongée aux Etats-Unis, est de s’appuyer sur le constat de la perte de richesse des ménages américains pour prévoir un comportement moins consommateur, qui tirerait les prix vers le bas.
Mais les prix ne sont que partiellement dictés par la demande… certains biens ‘non aisément substituables’ par des biens de provenance américaine peuvent se renchérir simplement suite à la chute du dollar : tout le ‘made in (elsewhere)’, le pétrole, tout ce qui est fait aux US mais avec une main d’oeuvre pas chère à l’étranger (les centres offshore indiens, etc…). Bref, finalement tout de même énormément de choses.
L’inflation serait alors une inflation forcée, importée par le biais de la chute du dollar. C’est le scénario que je pense le plus crédible. La chute du dollar ‘rationnelle’ serait celle qui compenserait la création monétaire de la FED (qui ne sera sans doute pas résorbée avant longtemps… c’est-à-dire avant que l’inflation ait joué son rôle) et celle de l’économie (lors du redémarrage du crédit) combinée, donc sans doute qqch de ‘raisonnable’ (20% pendant l’épisode inflationniste). Le risque est de passer dans l’irrationnel, si tout le monde cherche discrètement à se débarrasser du dollar.
Il existe un moyen assez simple de se protéger de l’inflation de USD sans faire chuter violemment le dollar par un bête troc de devises : simplement acheter avec les dollars des actifs en dollars type actions, or, etc… ce que font déjà les fonds souverains). La première manifestation de l’aversion contre l’USD sera ainsi sans doute non pas tant la chute de ce dernier contre d’autres devises, mais l’appréciation des actifs dollars “protégés” contre l’inflation.

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